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PARIS. — IMPRIMERIE ADRIEN LE CLERE. RUE CASSETTE , 29.

CHRONIQUES

SIRE JEAN FROISSART

QUI TRAITENT -

DES MERVEILLEUSES EMPRISES, N0BLES AVENTURES ET FAITS D'ARMES

ADVENUS EN S0N TEMPS

EN FRANCE, ANGLETERRE, BRETAIGNE
BOURGOGNE ESCOSSE, ESPAIGNE, PORTINGAL ET ÈS AUTRES PARTIES

REvUEs ET AUGMENTÉEs D'APRÈs LEs MANUsCRITs

AVEC NOTES, ÉCLAIRCISSEMENTS ET GL0ssAIREs
PAR J. A. C. BUCH0N

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N0UVELLE ÉDITION. - TOME PREMIER

PAR IS

F. WATTELIER ET Co, LIBRAIRES- É DITE U R S

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DES MOTS FRANÇAIS DU QUATORZIEME SIÈCLE DEVENUS HORS D'USAGE AU DIX-NEUVIÈME, AVEC DES EXEMPLES TIRÉS UNIQUEMENT DES CHRONIQUES DE J. FROISSART.

A

A, Atout (avec). Abaubir (déconcerter ). — Et la regardoit le roi si ardemment qu'elle en devenoit toute honteuse et abaubie. Able (habile). Ablement (habilement). — Combattant moult ablement. Abrocher (éperonner fréquemment). - Les chevaucheurs chrétiens vinrent abrochant jusques à là. Absol (absous). — Le roi de France les a absol de leurs mesfaits. Absoldre (absoudre). Abus (confus). - Adonc furent les inquisiteurs et le conseil tout abus. – Si fut tout abus. Abusion (tourment, persécution). Tant de mérancolies et d'abusions le prirent et aherdirent de tous lez qu'il entra en une frénésie. Abusquer [s'](se heurter). Acarger (charger).— Et apporter et acarger sur les fossés. Acater(acheter). Accointer et Accointoier (se faire cointe, élégant, beau).—Et pour eux ajoliver et accointoier. Accoler (embrasser; d'où accolade). Accommencer(commencer). Accordable (qui peut être accordé). Accoucher [se] (se coucher).—Le roi se accoucha malade. — Une maladie prit au connétable de laquelle il accoucha au lit. Accouter (prêter attention).-A quoi ils accoutoient moult peu. Accuse (accusation).-Et tout par accuse et par envie. Acertener (assurer). —lls furent informés et de vrai acertenés de la mise. Acertes (sérieux, sérieusement). Acesmé (paré).—ll n'y avoit en toute Gascogne écuyers si jolis, si beaux, si acesmés comme ils étoient. Acesmemcnt (parure, ornement). Au voir dire c'étoit grand'beauté de Voir leur contenement et acesmeIm6nt. Achapt (achat). Achapter(acheter).—Afin qu'ils fussent achaptés bien et cher. Acharier (transporter).

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Achater (acheter) Achevement (exploit). Achiévement (exploit). Achoison (occasion, cause).– A petite achoison il a saisi ses châteaux. — Je pris voie et achoison raisonnable d'aller devers, etc. Achopper(trébucher).—N'a pas métier, s'il se trouve en bataille à l'encontre de nous, que son cheval achoppe, car s'il étoit pris, sa rançon ne seroit payée. Acointer (devenir ami). Acomminger (communier). — Et se acomingèrent les trois parts de l'ost. Acomparager (comparer). Acompter (songer). Aconsuir (poursuivre, atteindre). Aconvenancer(promettre, engager). - Le maronnier seaconvenança à lui. Aconvoyer (accompagner). Acoster(approcher).-Oncques charnellement messire Édouard n'acosta à li. Acoursé (d'un cours réglé).—Si le Voyage y étoit acoursé, les chrétiens y viendroient communément. Acquerre (acquérir). Acreu (obtenu à crédit ; d'accroire, confier). - Si ses gens avoient rien acreu, on seroit payé. Adestrer (accompagner, être sur la droite). - Les seigneurs qui les litières de la roine et des dames devoient adestrer. Adextrer (accompagner). — Le roi adextré de ses maréchaux. Adhers (accusé).—Avant que Betisac fût néant adhers ni demandé. — Les amisses dont il est maintenantadhers 6t encoulpé. Admirault (amiral). —Si fit dire à l'admirault et au connétable que ils, etc. Adolé (attristé; de dolere). Adoubé (revêtu de toutes armes, offensives et défensives). — Trente compagnons bien armés et adoubés. Adoulé (attristé; de dolere). Adresse (direction, redressement).— En eux vous trouverez toute adresse. - ll savoit toutes les adresses et les torses voies. Adresser (redresser; et prendre la droite; le même qu'adextrer).—Et adressèrent la dite dame, messire

Eustache d'Aubrecicourt et messire Jean d'Évreux. Aduré (endurci à la fatigue).—Un moultaduré écuyer, vaillant homme 3lIX aI'II108. Advenist (advint).—ll convenoit que ce advenist. Advoer(avouer, approuver) —Voire! dit le maire, qui jà étoit advoé dis roi.—Tous lui eurent en convenant de l'advoer. Advoeson (bail donné à un avoué). Aelle (aile).—Et supportoit dessus ses aelles ceux de Paris. Aerdre [s'](s'allier). Affaité (rempli plus qu'au faîte). – Le roi et la roine d'honneur et de largesse étoient si pleins et si affaités. Affaité (informé, mis au fait). — Donc envoya par messages secrets et affaités de ce faire. Affellonnir (s'irriter). —Si lui engrossa le cœur au ventre et affellonit grandement. Affermer(conclure,signer; d'où firm en anglais). Afféroit [il](il convenait; d'afférir). -Trop bien savoit prendre où ilappartenoit et remettre où il afféroit. —ll affiert.—Tant penser n'affiert pas à vous. Affier [s"] (se fier).— Il s'affioit tant en sa puissance. Affiner (finir).— Et auroit tôt cette guerre affinée. Affoler et Affouler (estropier, maltraiter). ll en tua douze tous morts, sans ceux qu'il meshaigna et affola -Et en y eut pour ce parti plusieurs mOrts et affolés. Affourager (approvisionner de fourrages). — Et se pourroit-on émer. veiller où on prenoit les fourrages pour affourager les chevaux. Affrener (mettre un frein, retenir). Affuir (fuir). Agar (exclamation, pour : Voyez un peu! On dit encore : Aga !)—Agar!

comme les Hainuyers nous réveil

lent! Agré (gré).—Il vous vint en agré que vous partîtes. Ahanier(laboureur, homme de peine, de ahan fatigue). — Si montoient (I

des chevaux des ahaniers qu'ils trouvoient sur les champs. Ahatie (querelle, rencontre, fait d'armes).—Il fut informé par les hérauts de cette ahatie. — Et se devoit faire l'emprise et ahatie de cinq lances à cheval, etc.—Et fut la bataille prise par ahatie. Ahatir [s"] et s'ahaiter(s'engager de querelle). — Les quels mineurs s'étoient ahatis qu'ils leur rendroient la ville dans quinze jours.—Par plusieurs fois nous sommes nous ahatis. Aherdre (lier, attacher, tenir ensemble, retenir). — Messire Hue et les autres s'aherdirent aux câbles et aux mâts. — Les chevaux ne se peuvent aherdre. — ll n'y demeura guères longuement, que fièvres et maladies l'aherdirent. —Tous leurs ahers et alliés. — Et tous ceux qui s'étoientahersetconjointsavec moi. Ahéritance (héritage).—Et veux que ils scellent et accordent avecques moi cette ahéritance que je vous donne. Ahériter (rendre héritier). — Tape Clément l'avoit revêtu du royaume et ahérité de Sicile. — Et avoit intention le comte de Foix de ahériter ses deux fils bâtards de la graigneur partie de la terre de Béarn. Aidable (dont on peut s'aider).— Ceux que vous nommez sont bien aidables et méritent d'avoir une partie du gouvernement de la ville de Gand.-Deux cents compagnons aidables. Aigue (eau).—La neffesoit aigue.— Et là entrèrent en attendant l'aigue. Aimablement (d'une manière aimable). Ainçois (plutôt). Ains (avant). Ains-né (né avant, afné). Air (courroux).—Tant prièrent et supplièrent ces douze bourgeois de Gand que le comte se refréna grandement en son air.- Brisez un petit la pointe de votre air.-Ce pape qui étoittout enflé d'air et de maltalent. Airé (courroucé). Airement. Aussi noire que airement pour la fumée des tourbes qui s'y ardoient. Aireux (emporté). Aisé(disposé à, qui a la facilité de).— Le comte leur répondit qu'il n'étoit point aisé de venir à Tournay quant à présent.-Lesbonnes gens de Londres étoient bien aisés de ce faire. Aisement (convenance).—Si y eut en chacune des batailles sa droite portion de gens d'armes et d'archers, selon leur aisement. Aiserls']ets'aisir(se mettre àl'aise). Aissielle (échelle).

Aist [qu'il] (qu'il aide). — Si Dieu
m'aist !
Ajoliver (rendre joli et gai). — Et
pour eux ajoliver, ils avoient mis en
ce leur entente depuis qu'ils vinrent
d'Angleterre.
Ajour (jour fixé). —Il dit qu'il vînt
droit à son ajour.
Ajournement (jour fixé, espace d'un
jour, point du jour). – Par vespres
et ajournement. - Droit à l'ajour-
IleII10Ilt.
Ajourner (faire jour). —Et pour ce
qu'il ajournoit, nous ordonnâmes
cent lances des nôtres à demeurer
derrière.
Alan (chien de chasse, nommé en
Espagne alan, et originaire d'Al-
bamie).— Et envoya par lui au duc
d'Anjou quatre levriers et deux
alans d'Espagne, si beaux et si bons
que merveilles.
Alayne (haleine). — ll l'avoit poussé
jusqu'à la grosse alaine.
Alemelle (lame). — Et tenoit l'ale-
melle de son couteau par la pointe.
Alener(fatiguer).—Et alenoient à de-
meurer là.
Aliter (continuer à rester au lit; A,
devant les verbes, signifie continùa-
tion d'action).—ll le convintaliter et
mourir.
Allé (été; d'aller).—lls avoient par-
tout allé.
Alloier (lier).—lls alloièrent leurs
prisonniers deux et deux.—Leurs
chevaux tout alloiés ensemble.
Allouer(gâter, aliéner).—ll ne vou-
loit pas allouer son artillerie sans
raison.—lls avoient vendu et alloué
leur héritage. — Ils ne vouloient
faire blesser leurs gens ni allouer
leur artillerie.
Allumelle (lame).— Et ont Irlandois
couteaux aigus à large allumelle à
deux taillans, à la manière de fers
de dards. -
Aloe (allouette). – Entre prime et
tierce se commença le jour à ré-
chauffer, et le soleil à luire et à
monter, et les aloes à chanter.—
Commel'aloe fait devant l'épervier.
Aloer (altérer, risquer, compromet-
tre). — C'est un mal chevalier qui
ne veut autre chose que ses aises de
boire et de manger, et de aloer le
sien follement.—Le grand argent
qui avoit été cueilli étoit tout passé
et aloé.
Aloier(attacher, lier).—Ils aloièrent
la corde au plançon. — ll obligeoit
et aloioit son royaume.
Alosé (loué, célèbre). —Un écuyer
alosé et usé d'armes.—ll eut toutes
les meilleures gens d'armes et les
plus alosés.— Et moult étoit alosé

au royaume de Castille pour ses prouesses. Alouer (gâter). —L'artillerie qu'ils avoient, ils alouèrent si nettement que ils n'avoient mais rien que traire, Alorer (allier).—Par mariage il se y veut aloyer. Amanandé(habité).—Auquel hôtel, pour quoi qu'il soit grand assez et bien amanandé. Amati (abattu, de l'espagnolmatar, tuer; d'où échec et mat). Si en étoient tout amatis. Ambarde et Aubarde (terrain planté d'aubiers).—Vous véez les dix mille francs tout appareillés surcetteambarde. Ambassaderie etAmbaxaderie(ambassade).—ll valoit trop mieux que le sénéchal demeurât en Bordeaux que il allât en ambaxaderie au royaume d'Arragon.—Là vint l'évêque de Baussères en ambaxaderie. Amblant (allant l'amble). — Un petit palefroi amblant. Ambler (enlever). AmenriretAmendrir(diminuer)En amenriant la somme. Amer (aimer). Amesuré (mesuré).—Je vous croyois plus attrempé et mieux amesuré que Vous n'êtes. Amettre (accuser). — S'il étoit nul corps de chevalier qui le voulût amettre de trahison,ille feroit combattre jusqu'à outrance. Amis (accusé).—Lequel étoit amis de leur même fait et inculpé.—De tels viles choses sa fille étoit amise. Amise et Amisse (faute).—Les félonies et amises qui pour ce temps étoient en Angleterre.—Telles avenues et telles amises avenoient adoncques au royaume de France. —Et par espécial de ces amises et malveillances en étoient plus demandés messire Thomas Trivet et messire Guillaume Helmen.-Grandement il se fut excusé des amisses dont il est maintenant encoulpé. Amministrer (administrer). Ammonestement (avis). Ammonester (admonester). Amollir (adoucir).—Ce lui amollia grandement le courage. Amont (en haut). Amourer (rendre amoureux). - Il l'enamourasi(duvoyage de la TerreSainte),que si le roi de France et le roi d'Angleterre y fussent allés, etc. Amoyenner (se porter comme médiateur, arranger). —Si commencèrent à traiter de un répit avoir, pour mieux amoyenner leurs besognes. Amplier (augmenter). - Il ne vous

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