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LES

CHRONIQUES

DE

SIRE JEAN FROISSART

QUI TRAITEST

DES MERVEILLEUSES EMPRISES, NOBLES AVENTURES ET FAITS D'ARMES

ADVENT'S EN SON TEMPS

EN FRANCE, ANGLETERRE, BRETAIGNE
BOURGOGNE; ESCOSSE, ESPAIGNE, PORTINGAL ET ÉS AUTRES PARTIES

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PARIS

F. WATTELIER ET C, LIBRAIRES-ÉDITEURS

19, RUE DE SÈVRES, 19

M DCCC LXVII

DES MOTS FRANÇAIS DU QUATORZIEME SIÈCLE DEVENUS HORS D'USAGE AU DIX-NEUVIÈME,

AVEC DES EXEMPLES TIRÉS UNIQUEMENT DES CHRONIQUES DE J. FROISSART.

A
Achater (acheter)

Eustache d'Aubrecicourt et messire
Achevement (exploit).

Jean d'Évreux.
A, Atout (avec).
Achievement (exploit).

Aduré (endurci à la fatigue). -Un Abaubir (déconcerter ). – Et la re-Achoison (occasion, cause). - A pe moult aduré écuyer, vaillant homme gardoit le roi si ardemment qu'elle

tite achoison il a saisi ses châteaux. aux armes. en devenoit toute honteuse et abau

Je pris voie et achoison raison- Advenist (advint). - 11 convenoit que bie. nable d'aller devers, etc.

ce advenist. Able (habile)

Achopper (trébucher).-N'a pas mé-Advoer(avouer, approuver). -Voire! Ablement (habilement). — Combat

tier, s'il se trouve en bataille à l'en dit le maire, qui jà étoit advoé du tant moult ablement.

contre de nous, que son cheval roi.- Tous lui eurent en convenant Abrocher ( éperonner fréquemment).

achoppe, car s'il étoit pris, sa ran de l'advoer. Les chevaucheurs chrétiens vin çon ne seroit payée.

Advoeson (bail donné à un avoué). rent abrochant jusques à là. Acointer (devenir ami).

Aelle (aile). - Et supportoit dessus ses Absol (absous). — Le roi de France Acomminger (communier).

Et se

aelles ceux de Paris. les a absol de leurs mesfaits. acomingèrent les trois parts de l'ost. Aerdre (s'] (s'allier). Absoldre (absoudre). Acomparager (comparer).

Affaité (rempli plus qu'au falte). Abus (confus). – Adonc furent les compter (songer).

Le roi et la roine d'honneur et de inquisiteurs et le conseil lout abus. Aconsuir (poursuivre, atteindre). largesse étoient si pleins et si af- Si fut tout abus. Aconvenancer(promettre, engager).

faités. Abusion (tourment, persécution). - Le maronnier se aconvenança à lui. Asfaité (informé, mis au fait ). Tant de mérancolies et d'abusions le Aconvoyer (accompagner).

Donc envoya par messages secrets prirent et aberdirent de tous lez Acoster (approcher).- Oncques char et affaités de ce faire. qu'il entra en une frénésie.

nellement messire Edouard n'acosta Affellonnir (s'irriter). -Si lui enAbusquer (s'] (se heurter).

a li.

grossa le cour au ventre et affelAcarger (charger). - Et apporter et Acoursé (d'un cours régle). -Si le lonit grandement. acarger sur les fossés.

voyage y étoit acoursé, les chrétiens Affermer(conclure, signer; d'où firm Acater (acheter).

y viendroient communément.

en anglais). Accointer et Accointoier (se faire Acquerre (acquérir).

Afféroit (il] (il convenait; d'afférir). cointe, élégant, beau ).- Et pour

Acreu (obtenu à crédit ; d'accroire, -Trop bien savoit prendre où il apeux ajoliver et accointoier.

confier). -Si ses gens avoient rien partenoit et remettre où il afféroit. Accoler (embrasser; d'où accolade). acreu, on seroit payé.

- 11 affiert. – Tant penser n'affiert Accommencer (commencer).

Adestrer (accompagner, etre sur la pas à vous. Accordable (qui peut etre accordé).

droite). – Les seigneurs qui les li- Affier [87 (se fier). — Il s'affioit tant Accoucher (se) (se coucher).-Le roi

tières de la roine et des dames de

en sa puissance. se accoucha malade. - Une maladie voient adestrer. prit au connélable de laquelle il ac- Adextrer (accompagner). — Le roi Affiner (finir ). - Et auroit tot cette coucha au lit. adextré de ses maréchaux.

guerre affinée. Accouter (preter attention).—A quoi Adhers (accusé). --Avant que Betisac Affoler et affouler (estropier, malils accoutoient moult peu. fut néant adhers ni demandé. - Les

traiter). Il en tua douze tous morts, Accuse (accusation).Et tout par acamisses dont il est maintenantadhers

sans ceux qu'il mesbaigna et affola cuse et par envie. et encoulpe.

- Et en y eut pour ce parti plusieurs

morts et affolés. Acertener (assurer). — Ils furent in- Admirauli (amiral). — Si fit dire à formés et de vrai acertenés de la l'admirault et au connétable que

Affourager (approvisionner de fourmise. ils, etc.

rages). - Et se pourroit-on émerAcerles (sérieux, sérieusement). Adolė (attristé; de dolere).

veiller où on prenoit les fourrages Acesmé (paré). — Il n'y avoit en toute Adoubé (revêtu de toutes armes, of

pour affourager les chevaux. Gascogne écuyers si jolis, si beaux, fensives et défensives). – Trente Affrener (mettre un frein, retenir).

si acesmés comme ils éloient. compagnons bien armés et adoubes. Affuir (fuir). Acesmement (parure, ornement). Adoulė (attristé; de dolere). Agar (exclamation, pour: Voyez un

Au voir dire c'étoit grand’beauté de Adresse (direction, redressement). peu! On dit encore: Aga!)-Agar! voir leur contenement et acesme En eux vous trouverez toute adresse. comme les Hainuyers nous réveil. ment. - Il savoit toutes les adresses et les

lent! Achapt (achat).

torses voies.

Agré (gré). — Il vous vint en agré que Achapter (acheter).-Afin qu'ils fus- Adresser (redresser; et prendre la vous partttes. seni achaptés bien et cher.

droite ; le même qu'adestrer).-Et Ahanier (laboureur, homme de peine, Acharier (transporter). adressèrent la dite dame, messire de ahan fatigue). - Si montoient

a

des chevaux des ahaniers qu'ils trou- Aist (qu'il] (qu'il aide). – Si Dieu au royaume de Castille pour ses voient sur les champs. m'aist!

prouesses. Ahatie (querelle, rencontre, fait d'ar- Ajoliver (rendre joli et gai). - Et Alouer (gåter). - L'artillerie qu'ils mes). -- Il fut informé par les hérauts

pour eux ajoliver, ils avoient mis en avoient, ils alouèrent si nettement de cette ahatie. - Et se devoit faire ce leur entente depuis qu'ils vinrent que ils n'avoient mais rien que l'emprise et ahatie de cinq lances à d'Angleterre.

traire. cheval, etc.—Et fut la bataille prise Ajour (jour fixé). — Il dit qu'il vint Aloyer (allier).—Par mariage il se y par abatie. droit à son ajour.

veut aloyer. ahatir [s] et s'ahaiter (s'engager de Ajournement (jour fixé, espace d'un Amanandé (habité). — Auquel hôtel,

querelle). – Les quels mineurs s'é jour, point du jour). - Par vespres pour quoi qu'il soit grand assez et toient ahatis qu'ils leur rendroient et ajournement. - Droit à l'ajour bien amanandé. la ville dans quinze jours.—Par plu nement.

Amati (abattu, de l'espagnol matar, sieurs fois nous sommes nous ahātis. Ajourner (faire jour). - Et pour ce tuer ; d'où échec et mat). -Si en Aherdre (lier, attacher, tenir ensem qu'il ajournoit, nous ordonnámes étoient tout amalis.

ble, retenir ). — Messire Hue et les cent lances des nôtres à demeurer Ambarde et Aubarde (terrain planté autres s'aherdirent aux cables et derrière.

d'aubiers).-Vous véez les dix mille aux mâts. - Les chevaux ne se peu- Alan (chien de chasse, nommé en francs tout appareillés sur cette amvent aherdre. - Il n'y demeura Espagne alan, et originaire d’Al barde. gueres longuement, que fièvres et banie). - Et envoya par lui au duc Ambassaderie et Ambasaderie (ammaladies l'aherdirent. - Tous leurs d'Anjou quatre levriers et deux bassade).- 11 valoit trop mieux que ahers et alliés. - Et tous ceux qui alans d'Espagne, si beaux et si bons le sénéchal demeurat en Bordeaux s'étoient ahers et conjoints avec moi. que merveilles.

que il allat en ambaxaderie au Aheritance (héritage).-Et veux que Alayne (haleine). - 11 l'avoit poussé royaume d'Arragon. - Là vint l'éils scellent et accordent avecques jusqu'à la grosse alaine.

vêque de Baussères en ambaxaderie. moi cette ahéritanice que je vous Alemelle (lame). – Et tenoit l'ale-Amblant (allant l'amble). — Un petit donne.

melle de son couteau par la pointe. palefroi amblant. Ahériter (rendre héritier). — Tape Alener (fatiguer).-Et alenoient à de- Ambler (enlever). Clément l'avoit revetu du royaume meurer là.

Amenrir et Amendrir (diminuer). et ahérité de Sicile. — Et avoit in- Aliter (continuer à rester au lit; 4,

En amenriant la somme. tention le comte de Foix de ahériter devant les verbes, signifie continúa- | Amer (aimer). ses deux fils bâtards de la graigneur tion d'action).-11 le convint aliter et Amesuré (mesuré).— Je vous croyois partie de la terre de Béarn. mourir.

plus attrempé et mieux amesuré que Aidable (dont on peut s'aider): - Allé (été; d'aller).— Ils avoient par vous n'êtes. Ceux que vous nommez sont bien

tout allé.

Amettre (accuser). - S'il étoit nul aidables et méritent d'avoir une Alloier (lier). — Ils alloièrent leurs

corps de chevalier qui le voulat partie du gouvernement de la ville prisonniers deux et deux. — Leurs

amettre de trahison, il le feroit comde Gand.-Deux cents compagnons chevaux tout alloiés ensemble.

battre jusqu'à outrance. aidables.

Amis (accusé).—Lequel étoit amis de Allouer (gater, aliéner). — Il ne voudigue (eau).- La nef fesoit aigue.

leur méme fait et inculpe.- De tels Et là entrèrent en attendant l'aigue.

loit pas allouer son artillerie sans
raison. Ils avoient vendu et alloué Amise et Amisse (faute).—Les félo-

viles choses sa fille étoit amise. Aimablement (d'une manière ai

leur héritage. - Ils ne vouloient mable).

nies et amises qui pour ce temps Ainçois (plutôt).

faire blesser leurs gens ni allouer

étoient en Angleterre.--Telles ave

leur artillerie. dins (avant).

nues et telles amises avenoient Ains-(né avant, afne). Allumelle (lame).- Et ont Irlandois

adoncqués au royaume de France. dir (courroux). - Tant prièrent et couteaux aigus à large allumelle à

- Et par espécial de ces amises et supplièrent ces douze bourgeois de deux taillans, à la manière de fers

malveillances en étoient plus deGand que le comte se refréna grande dards.

mandés messire Thomas Trivet et dement en son air. - Brisez un petit Aloe (allouette). -Entre prime et

messire Guillaume Helmen.-Granla pointe de votre air. Ce pape qui

tierce se commença le jour à ré dement il se fut excusé des amisses étoit tout enflé d'air et de maltalent.

chauffer, et le soleil à luire et à dont il est maintenant encoulpe. Airé (courroucé).

monter, et les aloes à chanter. -Amministrer (administrer). Airement. - Aussi toire que aire

Comme l'aloe fait devant l'épervier. Ammonestement (avis). ment pour la fumée des tourbes qui Aloer (altérer, risquer, compromet-Ammonester (admonester). s'y ardoient.

tre). — C'est un mal chevalier qui Amollir ( adoucir). - Ce lui amollia Aireux (emporté).

ne veut autre chose que ses aises de

grandement le courage. Aise (disposé à, qui a la facilité de).

boire et de manger, et de aloer le Amont (en haut). Le comte leur répondit qu'il n'étoit

sien follement. Le grand argent Amourer (rendre amoureux). - 11 point aisé de venir à Tournay quant

qui avoit été cueilli étoit tout passé l'en amoura si (du voyage de la Terreà présent.-Les bonnes gens de Lon et aloé.

Sainte), que si le roi de France et le dres étoient bien aisés de ce faire. Aloier (attacher, lier). — Ils aloièrent roi d'Angleterre y fussent allés, etc. Aisement (convenance).-Si y eut en la corde au plançon. Il obligeoit Amoyenner (se porter comme méchacune des batailles sa droite por et aloioit son royaume.

diateur, arranger). -Si commention de gens d'armes et d'archers, Alosé ( loué, célèbre). -Un écuyer

cèrent à traiter de un répit avoir, selon leur aisement.

alosé et usé d'armes. - ll eut toutes pour mieux amoyenner leurs besoAiser (s") et s'aisir (se mettre à l'aise). les meilleures gens d'armes et les gnes. Aissielle (échelle).

plus alosés. - Et moult étoit alosé Amplier (augmenter). - Il ne vous

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