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primitif où se fabriquaient les instruments en usage dans la colonie. La chose peut être d'autant plus probable que les nucléi abondants dans l'ile de l'Angle, font presque totalement défaut ailleurs, car dans tout le reste de cette contrée jusqu'à Sandun et Saint-Lyphard, je n'ai trouvé que trois autres nucléi : l'un dans l'île de la Motte, l'autre au Crugo, le troisième au Brétineau. Le silex est, d'ailleurs, pour ce pays, une pierre exotique et l'on peut concevoir qu'il y ait eu un lieu particulier, centre d'importation et de travail.

D'où et comment était importé ce silex? La position de l'atelier nous ferait croire qu'il provenait des bords de la mer. Kerlô se trouve, en effet, sur les marais qui correspondent directement à la mer par Pompas et Quifistre, et sur la côte, auprès de Mesquer, on a constaté l'existence de silex brut. Y avait-il à cette époque une voie de transport par eau. La date des tourbes de Kerlo, de Gras et de Pompas peut le laisser supposer; mais rien de certain.

M. de l'Isle du Dréneuc (1) prétend reconnaitre un atelier à Sandun. Rien d'impossible; rien d'étrange à ce qu'on ait considéré comme atelier un endroit où les instruments de silex abondent. Mais il en est de même dans toute cette région de monuments, et pourtant on n'y rencontre pas un nucléus; il faut aller à Kerlò pour en trouver. Il existe cependant à Sandun des variétés de minéraux introuvables sur les autres points du

pays : l'agate, le quartz hyalin, la serpentine même, n'y sont pas très rares. Le pétrosilex qui domine souvent ailleurs se trouve plus rarement mêlé à ces pierres. Il y a donc là une particularité qui distingue Sandun de ce qui l'entoure. Mais on peut l'expliquer sans recourir à l'hypothèse d'un atelier dont la preuve d'existence serait assurément la découverte de nucléi. Comment se trouvent là quelques minéraux précieux ? Étant inconnues sur les bords de la mer, de la Vilaine à la Loire, ces pierres sont

(1) Dict. arch. de la Loire-Inférieure, Saint-Nazaire.

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venues soit par voie d'eau, la Loire et le Brivet, soit par voie de terre; le centre d'importation se trouve naturellement changé. Mais il est peu probable que les matériaux de Sandun aient été importés en grand nombre ou en blocs considérables ; ils devaient plutot y arriver à l'état d'instruments tout faits et d'éclats, peutètre résultat d'achats ou d'échanges. En tout cas, l'importance de Sandun serait presque nulle auprès de celle de Kerlo. Les instruments que l'on trouve le plus fréquemment paraissent, en effet, venir de Kerlo par leur forme, leur matière, leur grandeur et leur taille.

Une simple description ne saurait rendre compte de la beauté de quelques-uns des instruments trouvés dans ces parages. Toutes les variétés se rencontrent depuis le simple celt jusqu'à la pointe de flèche finement taillée et le collier de jade et de cornaline. Souvent les pièces de silex sont d'un travail remarquable qui les met au rang des beaux instruments de Solutré. Telle est, par exemple, une pointe de flèche dentelée, à soie et barbes, trouvée près de la Pierre-Blanche : la taille sur les deux faces et la régularité en sont parfaites.

Mais tous ces instruments ont un caractère commun que découvre quiconque en possède plusieurs milliers : c'est leur petitesse. Les plus grands instruments sont les celts; encore leur longueur moyenne n'est-elle que de dix centimètres. Les pièces de silex, sauf quelques rares exceptions, poignard long de dix-sept centimètres, – ne dépassent guère deux centimètres et demi. Elles sont presque toujours peu épaisses et effilées, tandis que les celts sont tous très larges, contrairement à la forme morbihannaise. Cette forme large est spéciale à la région de Guérande; et, plus l'on se rapproche de la Vilaine, plus on voit les types changer et concorder avec ceux du Morbihan.

Beaucoup, également, ont les mêmes types que les instruments des Iles Britanniques décrits par sir John Evans. M. Carré de Verneuil a classé comme instrument écossais la pointe de flèche

comme un

trouvée à la Pierre-Blanche. Beaucoup de grattoirs affectent une forme étrangère.

Notons que pas un instrument de bronze ou de fer n'a été trouvé dans la région occupée par les monuments.

On peut donc dire que les monuments de Guérande formaient une colonie à part. Ce n'est pas qu'ils fussent séparés complètement des colonies voisines, les relations sont, je le crois, incontestables avec le Morbihan, car une ligne de monuments, comme on l'a dit, allant jusqu'à la Vilaine, devait unir Guérande au pays de Vannes actuel. Mais, d'après la distance qui les sépare, il est facile de concevoir que cette colonie de GuérandeSaint-Lyphard, qui comptait tant de monuments, eut une vie presque à part, c'est-à-dire se suffisant à elle-même, ayant ses ateliers, et offrant même ses particularités dans ses monuments et ses instruments. Peut-être aussi ce groupe subissait-il des influences extérieures par des relations avec d'autres contrées. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas l'envelopper entièrement dans le grand centre morbihannais; tout en appartenant probablement aux mêmes peuplades, le groupe guérandais n'en a pas moins eu une vie propre et distincte.

III

RÉSUMÉ DE FOUILLES FAITES DANS LES MONUMENTS

Dolmen de Sandun.

Situé commune de Guérande. Cadastre : Sect. E de Boga, 1ro feuille. Monument orienté E.-0., formant un rectangle composé de neuf pierres et long de huit mètres. Les pierres de recouvrement ont disparu depuis longtemps. Fouillé au mois de septembre 1896 par H. Quilgars. Trois couches de terrain dont deux inviolées.

La première, de date récente, plusieurs fois remaniée, contenant : 1° des débris romains, tegulæ et imbrices; 2o un vase en terre rouge, conique à l'intérieur, et fait au bâton; 3° un curieux fragment de poterie noire ornementée : triangles et cercles.

Deuxième couche. — Terre jaunâtre contenant des milliers de fragments de poteries, quelques silex, mais nulle trace de romain. Cette couche reposait sur un dallage de pierres plates sur lequel se trouvaient : 1° trois petites cellules contenant chacune un vase (deux en terre noire, un en terre rouge); 2° un foyer également en pierre où se trouvaient de la cendre, du charbon, des tessons de poterie; 3o un second foyer sur le même dallage, mais en dehors du monument, dans lequel il y avait de la cendre et des charbons, deux pointes de flèches et quelques silex; 4° un vase en terre rouge, deux percuteurs en quartz, un marteau et un instrument celtiforme en grès vert, épars çà et là sur le dallage.

Troisième couche. — Terre noire sous le dallage : 1° deux celts se touchant par la crosse et orientés N.-S.; 2° quatre-vingts instruments de silex; 3o quelques rares fragments de poterie rouge.

(Un compte rendu spécial a été publié. Déposé chez Plihon et Hervé, à Rennes).

Dolmens de la Motte.

Commune de Saint-Lyphard. Cadastre : Sect. G de Kerbourg, 1 re feuille.

1er dolmen (cad. n° 623). Fouillé par M. Lukis (résultat inconnu).

2e dolmen (cad. n° 603). Fouillé à plusieurs reprises : 1° par M. Benoist, notaire à Guérande, qui y trouva : a) de nombreux fragments de poterie; b) un petit celt en fibrolithe; 2° par un inconnu (résultat inconnu); 3° par H. Quilgars, en avril 1897 : deux percuteurs en quartz, fragment de hache-marteau en diorite; cendre et charbon, urne en terre noire.

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CONSIDÉRATIONS SUR LES MONUMENTS MÉGALITHIQUES.

Tumulus du Crugo.

Commune de Saint-Lyphard. Le tumulus fut détruit par le propriétaire vers 1870, ainsi qu'une partie du monument, long de 10 mètres. Plusieurs celts furent trouvés. Achevé de fouiller en 1897 par H. Quilgars. Un kistvaen long de 2 mètres et profond de 1980 était creusé dans le roc et protégé par le dolmen. Il contenait six couches alternatives de cendres et de charbons et de terre jaunâtre qui doit être de la vase. Quelques fragments de poterie et un morceau de fibrolithe.

Menhir de la Pierre-Blanche.

Commune de Saint-Lyphard. Cadastre : Sect. G de Kerbourg, 2° feuille, n° 788. Menhir haut de 2 mètres, fouillé en octobre 1896 par H. Quilgars. Du sol déjà bouleversé sortirent quelques silex, des fragments de poterie et de tuiles romaines. Le menhir lui-même était calé avec des tuiles romaines.

Dolmen de Kerlo.

par lui

Superbe dolmen détruit vers 1875 par le propriétaire, et en partie fouillé

pour trouver un trésor. Lors des fouilles tentées en 1894 par MM. Guihéneuf, Bonnigal et Quilgars, il ne restait qu'une pierre. A une profondeur d'un mètre fut trouvé un nucléus de silex rouge, de nombreux tessons de poterie, des cendres, du charbon, quelques éclats de silex.

Bréca et Clos-d'Orange.

Six dolmens absolument détruits.

Il reste quelques fouilles à faire sous les autres monuments.

Cette notice n'est qu'un léger aperçu qui sera développé

postérieurement.

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