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lent à admirer, mais le spectacle qu'offre le peuple de Paris a quelque chose digne d'attention. Il sent le besoin de l'ordre et de la loi ; et quoique armé, il se montre toujours soumis, malgré les insinuations des brigands de la Cour, et des brigands des départements. Les femmes et les enfans également armés partagent les mêmes sentiments ; l'homme sent sa dignité; et vous seriez tout surpris d'entendre les hommes de la halle parler à la barre avec la fierté et l'éloquence qu'on trouve dans Tite-Live.

Je dois vous dire un mot des finances. L'Assemblée Constituante a imaginé un système d'impositions admirable sur le papier, mais d'une complication hors de la portée des municipalités villageoises. Partout le citoyen est prêt à payer; la bonne volonté est partout : mais les rôles ne sont pas faits dans tous les départements. Nous venons de prendre de nouvelles mesures à ce sujet ; et dans cette partie, comme dans beaucoup d'autres, nous sommes forcés de corriger les fautes de nos prédécesseurs.

Je suis, avec respect, etc.,
FRANÇAIS. .

M. Etienne Dumont au Comte Stanhope.

MY LORD, Lansdowne House, 29 juin, 1792. Mr. Bentham n'a pas publié son opinion sur les Jurés. Je ne l'ai connue que par conversation à l'occasion de celle de M. de Malesherbes, dont je lui parlais. C'est son opinion sur les Circuits Anglais qu'il a imprimée dans un ouvrage sur l'organisation judiciaire qu'il adressait au Comité de Constitution de l'Assemblée Nationale. Voici ses arguments autant que je me les rappelle. L'impartialité des Juges ; premier avantage des Circuits. Il est vrai qu'un Juge qui ne fait que passer ne form point de liaisons, mais cela n'empêche pas qu'il ne puisse en exister plusieurs; et parceque les Gentlemen viennent à Londres, et y vivent une partie de l'année ; et parceque les Avocats avant d'être Juges vont plusieurs fois dans les mêmes Circuits; et parceque les Juges ne peuvent pas changer toutes les années. Cependant, il est certain que la méthode des Circuits présente quelques avantages à cet égard, mais très-faibles. Ce qui fait surtout l'impartialité du Juge c'est la responsabilité, la publicité, et dans votre opinion l'unanimité du Juré. Quand on a ces puissantes cautions il n'est pas besoin de s'attacher à de petits moyens. L'établissement judiciaire fort économique ; second avantage des Circuits. Mais ce qu'on économise en Juges par les Circuits on le dépense au double en avocats et en procureurs. Les causes vont et viennent plusieurs fois des provinces à Londres, et de Londres dans les provinces. Il y a des appels plus fréquents, des hommes de loi résidents à payer, des hommes de loi voyageants, des frais de témoins, &c. &c. Je n'ai pas assez de connaissance pratique pour calculer tous ces frais; mais on peut estimer que la nation dépense plus par les Juges circuïtaires qu'elle ne le ferait par l'établissement des tribunaux résidents. Inconvénients graves des Circuits. De longs emprisonnements de six mois dans une place, de douze mois dans une autre, de deux ans même dans quelques endroits, avant la procédure. Ajoutez que dans l'intervalle les preuves s'affaiblissent; on gagne les témoins, ou on les élude ; s'il y a quelque rétard involontaire dans une cause, la justice part, et voilà un delai de six mois ; plusieurs procès sont comme étranglés, et l'erreur peut se cacher facilement par la rapidité des plaidoyers et des décisions. Enfin, il s'écoule rélativement au criminel un temps si long entre le crime et la peine que l'effet de l'exemple est extrêmement diminué, et la pitié pour le coupable est le sentiment qui domine tous les cœurs au détriment de la justice. Au moyen des Circuits douze Juges suffisent en Angleterre. Mais on ne dit pas que les frais de procédure sont si énormes qu'en général le peuple n'ose point demander le redressement d'une foule de griefs. On ne dit pas que pour regagner un schelling il faut être en état de dépenser plusieurs guinées. On ne dit pas que la rareté des causes ne vient point de la rareté des besoins mais de l'impuissance de les satisfaire. Voilà, My Lord, quelques objections qui peuvent n'être pas invincibles, mais qui me semblent du moins justifier les Français s'ils n'ont point adopté aveuglement les Juges circulaires. J'ai l'honneur d'être, avec un entier dévouement, etc.

DUMONT.

MR. PITT AND ME. CANNING—THEIR
FIRST INTERVIEW.

1792.

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[From the papers of the Right Hon. W. Sturges Bourne, as communicated to me in 1871 by his daughter, Miss A. Sturges Bourne.—S.]

Geo. Canning, Esq., to W. Sturges (Bourne), Esq.

My DEAR STURGES, Yarmouth, Sept. 3, 1792. Now for what I promised to tell you so long ago,

and what you are, I flatter myself, solicitous to hear. I was, when you left town, on the point of writing that letter' which I thought it so necessary, and found it so difficult, to write, that I hesitated a long time between my conviction of the one and my experience of the other. I accomplished it, however, at length, and on July 26 put it into the post-office with my own hands. I have kept a copy of it, as was prudent, and when we meet I will show it to you. Meantime it was in substance as follows:—“That though after what I had had the satisfaction to hear through Mr. O-4, it was not perhaps necessary or proper to trouble him much at length, yet I could not help feeling the necessity of explaining one or two points before I had the honour of seeing him, because it might afterwards be too late. That I owed it to my own honour to assure him, what without such assurance I flattered myself he would have believed, that however I was in habits of friendship and familiarity with some of the most eminent men in Opposition, yet I was in no way bound to them by any personal or political obligation, but felt myself perfectly at liberty to choose my own party, &c. That it was fair that he should understand explicitly from myself what he no doubt was already apprised of by Mr. O , that I was not in such a situation or circumstances as to be able to do anything towards bringing myself into Parliament, nor should I like to be brought in by an individual. That before I called on him, as he appeared to wish that I should do when he returned to town, I desired for obvious reasons to know from himself at what time he would be at leisure to see me. That, finally, as it was with himself personally that I was ambitious of being connected, and consequently with himself alone that I was desirous of communicating on the subject, I trusted that this letter would be sacred from every eye but his own, and that whatever might be the event, &c., I should never have reason to repent of having relied confidently on his honour. This was the substance of my letter; and a few days afterwards I received from him an answer, which was nearly this: That he lost no time in acknowledging, &c., and in expressing the satisfaction which

1 To Mr. Pitt. appointed in 1791 Governor of the * No doubt Mr. Thomas Orde, | Isle of Wight, and created Lord formerly Secretary of the Treasury, Bolton in 1797.

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