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Appliquez ce régime à la conduite des affaires publiques sous une forme gouvernementale quelleconque, et vous ne tarderez pas d'y trouver un point d'arrêt pour la vie même de l'Etat. Vous étiez en droit de me demander comment une position aussi évidemment absurde a pu entrer en pratique dans quelques parties de l'Allemagne. Voici la réponse. Sous l'Empire, l'Allemagne était divisée en une foule de petits Etats jouissant de la suprématie territoriale (Landes hoheit), sous la Souveraineté Impériale. Trouver des individus aptes à gouverner ces petits corps politiques et rélativement indépendants n'était pas chose facile. Sous le grand règne de l'Empereur Maximilien I., une Cour Suprème de Justice fut appelée à la vie et établie à Wetzlar; les employés dans les Etats particuliers furent placés sous la sauvegarde de cette Cour. Cet ordre des choses a réagi en bien dans la double direction des Princes et des serviteurs, en facilitant aux premiers l'appel d'hommes capables, et en assurant à ceux-ci leur existence. Le Tribunal de Wetzlar disparut avec l'Empereur et l'Empire. La Souveraineté passa aux Princes qui survécurent en qualité de membres de la fédération Rhénane à la médiatisation de leurs anciens co-Etats. La souveraineté fut interprétée par les Princes sous l'égide de l'Empereur des Français en absolutisme ; dans plusieurs Etats confédérés la pragmatique en faveur des serviteurs de l'Etat fut maintenue. Elle l'a également été sous l'introduction du système représentatif dans un même pays. Par suite de l'influence que la chute du trône des Bourbons en 1830 a exercée sur l'Allemagne, et qui s'est sentie d'une manière toute particulière dans l'Electorat de Hesse, pays sans aucun doute mal gouverné, ce pays reçut une constitution digne de servir de prototype au gouvernement impossible. Appliquez à la législation les deux principes de la responsabilité des conseillers de la Couronne et de l'inamovibilité des instruments à leur disposition, et vous arriverez sans faute à la mort de l'Etat placé sous un régime pareil. La situation de l'Allemagne offre un bien curieux spectacle. Il porte surtout ce caractère pour moi personnellement. Il me paraît en effet que les preuves s'accumulent que ce qui a été qualifié de " système," auquel a été accolé mon nom patronymique, renferme les seules conditions sous lesquelles un corps politique " Allemand" puisse tenir une place en Europe. Ce qui dans cette vaste étendue d'Etats porte aujourd'hui le caractère d'une réaction n'est que la recherche des conditions vitales du corps politique Germanique. Vos remarques sur la diversité des parties qui composent ce corps sont fort justes : la chose est-elle évitable ? Je ne le crois pas. Il en est des embarras politiques comme des défauts physiques : il y en a de solubles, et d'autres d'irrémédiables. Je n'ai jamais rencontré un bossu qui ne voudrait point avoir l'épine dorsale d'une pleine droiture, et je n'ai jamais vu réalisé un aussi juste vœu. La question n'est point placée pour les ayant cause dans la direction de la vie sans, mais dans celle avec une bosse ! Si j'avais le bonheur de me trouver avec vous à

Brighton, je serais heureux du fait. Je ne pourrais pas d'un autre côté vous dire autre chose que ce que la distance qui nous sépare me force à coucher sur le papier d'une manière plus ou moins confuse. L'adage Sapienti pauca me donne le courage nécessaire pour me retrancher dans de courtes explications. Je suis charmé de la justice que vous rendez à la marche politique du Cabinet Autrichien. Cette marche est conforme à la nature de ce grand corps politique, qui n'a rien à chercher au dehors et au dedans de ses frontières que l'ordre public ; et qui dit ordre, dit justice et sagesse.

Veuillez recevoir vous-même, mon cher Mahon, et offrir de ma part et des miens, l'hommage de notre souvenir le plus affectueux.

METTERNICH.

ON THE INFLUENCE OF ARABIC PHILOSOPHY IN MEDIAEWAL EUROPE.

A LECTURE DELIVERED AT THE Royal, INSTITUTION, ALBEMARLE STREET, FEBRUARY 2, 1866.

FEw things in history are more striking than the encounter, in divers parts of Western Europe, between the rising tide of Mahometan invasion and the settled races of Christendom. In Sicily the Saracens achieved a short-lived conquest, one curious token of which may still be traced in the modern name given to Etna of Mongibello, a name made up of the Latin Mons and the Arabic Ghebel; both words meaning the same, and conjoined together by the mingled races of the time. At the mouth of the Tiber the victory of Pope Leo the Fourth over the Moslem marching on to Rome, even if it failed to be recorded by the Muse of History, would be rescued from oblivion by the Genius of Art, since it forms the subject of one of Raphael's glorious frescoes in the Vatican. More to the northward the Arab conquerors of Spain, advancing into France, had passed the Garonne and well-nigh reached the Loire, when their progress was arrested and hurled back by Charles Martel. Then, after centuries, came the Crusades; then, after centuries more, the final expulsion of the Moslem from Granada, their last stronghold in Western Europe. All this course of history is more or less familiar to my present hearers. But perhaps they may never have had occasion to observe the remarkable fact, not noticed, indeed, in many histories, that the race which showed itself the inferior in warlike prowess, gained the upper hand in some main points of intellectual influence. While the Moslem had, for the most part, to yield to the Christians on the fields of battle, they acquired an ascendant in the schools of philosophy. This intellectual or literary influence—a strange

portent, surely, in an age of utter intolerance, when it

was unusual to allow merit of any kind in a misbeliever, —may be mainly ascribed to two men of high renown, Avicenna and Averroes. Avicenna—whom, if we strove to be quite exact, we should call Aben Sina— flourished in Central Asia, and died in the year of

Christ 1037. Averroes—or, more precisely, Aben

Roshd—was born at Cordova, and died, according to the best authorities, in the year of our Lord 1198. Both are combined by Dante in two lines of his Inferno, where he enumerates the principal pagan worthies. I will give you Dante's lines as Mr. Cary renders them :

“Orpheus I marked, . . .
Galenus, Avicen, and him who made
That commentary vast, Averroes.” "

f

1 “Averroës, che il gran comento feo.”

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